Bonjour. Si je suis ici, c'est parce que je me trouve dans une situation délicate concernant mon identité de genre et je n'ose pas en parler aux gens qui m'entourent (qu'ils soient mes proches ou des psychiatres/psychologues...) C'est un sujet un peu tabou à mes yeux, et pour être honnête, j'en ai un peu honte.
Pour le contexte, je suis dans la vingtaine (22 pour être exact), et je me traîne déjà pas mal de boulet au niveau identité et intégration sociale (dépression sévère, anxiété, TSA...).
Cela fait depuis que j'ai 13 ans que je souhaite "devenir un garçon". Plus jeune, j'étais pleine d'espoir à ce sujet, et il dévorait mon esprit 24/24. J'écrivais des histoires dans lesquelles j'était un garçon ou m'enfuyait de chez moi pour me travestir en garçon et changer de vie. Je me dessinais en garçon, et passais en règle générale mon existence dans ma tête à vivre cette fantaisie. J'ai passé mon adolescence à me renseigner sur ce qu'il était en mon pouvoir de faire, niveau hormonothérapie, changement légal de nom, passage chez les psychiatres...
Seulement, il est compliqué de prendre de telles décisions dans un état de dépression et d'isolement social aussi conséquent, et je craignais beaucoup de faire une énorme erreur. Je me suis pourtant accrochée à cette idée, cette identité jusqu'à l'âge de mes 18 ans: à ce stade, je souffrais d'anorexie et avait atteint un poids dangeureusement bas et ne me trouvais plus de raison d'exister. Puis sur un déclic, lorsque j'ai réalisé que je ne m'aimerai jamais, j'ai décidé de recommencer à m'alimenter et à tenter d'accepter mon identité de femme (dans l'idée que de toute manière je ne m'aimerai jamais et que les choses seraient plus simples ainsi).
Honnêtement, l'idée ne m'a jamais vraiment complétement lâchée, mais j'ai appris à faire avec. Je ne me force pas particulièrement à être féminine (en apparence) mais j'essaye d'accepter le fait d'être considérée comme une femme. Seulement, depuis que j'ai cessé de prendre mes antidépresseurs (que j'ai commencés à peu près au même moment de mon "déclic"), tout ça revient en force et de façon assez douloureuse.
Comme si je me réveillais et que je me rendais compte que je n'aurais jamais la vie que je veux vraiment. Je me rends compte que toute ces rêveries, toutes ces visions pour mon avenir (dans lesquelles je suis systématiquement un homme) ne se réaliseront jamais.
Je n'oserai jamais transitionner. Pour la simple et bonne raison que j'ai peur. J'ai peur de le regretter, j'ai peur des traitement, j'ai peur du jugement, d'être rejetée par ma famille. Je ne sais plus quoi penser. Quelqu'un d'autre est-il passé par là ?
Comment faire le deuil d'une vie que l'on ne pourra jamais vivre? Je ne sais plus quoi faire.
Tout les conseils et opinions sont les bienvenus, et merci si vous êtes parvenus à lire ce pavé dans son intégralité.
(J'espère ne pas avoir posté ce message au mauvais endroit, corrigez moi si j'ai fait une erreur) .
Peur existentielle, deuil d'une vie impossible
- Wojtek
- Gentil Modo

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Re: Peur existentielle, deuil d'une vie impossible
Bienvenue à toi sur le forum, et déjà , félicitation d'avoir eu le courage de venir poster ton questionnement ici. Je pense que pour une personne trans (féminine ou masculine d'ailleurs), c'est très courant de vivre une phase d'expérimentation du genre opposé grâce jeux vidéos, récits imaginaires, etc. Du moins dans ce que j'ai pu lire comme témoignages, on est très nombreux à être passés par là . Quand vient le questionnement concret de faire une transition, le doute et la peur de faire une erreur, de se tromper, de regretter, ce sont des pensées logiques et même très saines. Même si évidement ça ne facilite pas les choses.
Dans ta situation, je pense que c'est primordial que tu sois accompagné•e par un psychiatre/psychologue compétent et bienveillant, auprès duquel tu te sentes assez en confiance pour lui parler de tes questionnements (et qui dans l'idéal ne soit pas complètement à la ramasse sur le thème de la transidentité, mais c'est compliqué à trouver). Parce que si les doutes sur le fait que tu veuilles effectuer une transition prennent une grande place dans ta vie et dans ton esprit, ce n'est pas une bonne idée de les dissocier complètement de ta santé mentale et les mettre sous le tapis, surtout en étant dépressif•ve.
Tu parles du fait que tu ne transitionneras jamais par peur de te tromper, mais il ne faut pas oublier qu'une transition est quelque chose de progressif. Tu as la possibilité de faire les choses à ton rythme, de faire des pauses, de reprendre, bref te laisser le temps de voir si c'est ce qu'il te faut ou non. D'un point de vue social tu peux parfaitement tester une identité masculine sur des espaces en ligne et voir ce que cela te fait ressentir. Selon où tu habites, s'il y a des asso LGBT+ tu peux aussi voir pour te rendre à des permanences et demander à ce qu'on te genre au masculin (généralement ces espaces sont fait pour ça et l'accent est mis sur la bienveillance).
Bref, tu n'es pas obligé•e de te décider et d'être sûr•e à 100% de ton choix, tu peux commencer par tester des choses. Même d'un point de vue médical, c'est pas rare de voir des personnes commencer un traitement hormonal en microdosage, le temps de déterminer si elles veulent ensuite l'augmenter, le continuer au même dosage, l'arrêter (définitivement ou non), etc.
(J'ai utilisé l'écriture inclusive, mais n'hésite pas à me dire si tu préfères être genré•e au masculin ou au féminin)
Dans ta situation, je pense que c'est primordial que tu sois accompagné•e par un psychiatre/psychologue compétent et bienveillant, auprès duquel tu te sentes assez en confiance pour lui parler de tes questionnements (et qui dans l'idéal ne soit pas complètement à la ramasse sur le thème de la transidentité, mais c'est compliqué à trouver). Parce que si les doutes sur le fait que tu veuilles effectuer une transition prennent une grande place dans ta vie et dans ton esprit, ce n'est pas une bonne idée de les dissocier complètement de ta santé mentale et les mettre sous le tapis, surtout en étant dépressif•ve.
Tu parles du fait que tu ne transitionneras jamais par peur de te tromper, mais il ne faut pas oublier qu'une transition est quelque chose de progressif. Tu as la possibilité de faire les choses à ton rythme, de faire des pauses, de reprendre, bref te laisser le temps de voir si c'est ce qu'il te faut ou non. D'un point de vue social tu peux parfaitement tester une identité masculine sur des espaces en ligne et voir ce que cela te fait ressentir. Selon où tu habites, s'il y a des asso LGBT+ tu peux aussi voir pour te rendre à des permanences et demander à ce qu'on te genre au masculin (généralement ces espaces sont fait pour ça et l'accent est mis sur la bienveillance).
Bref, tu n'es pas obligé•e de te décider et d'être sûr•e à 100% de ton choix, tu peux commencer par tester des choses. Même d'un point de vue médical, c'est pas rare de voir des personnes commencer un traitement hormonal en microdosage, le temps de déterminer si elles veulent ensuite l'augmenter, le continuer au même dosage, l'arrêter (définitivement ou non), etc.
(J'ai utilisé l'écriture inclusive, mais n'hésite pas à me dire si tu préfères être genré•e au masculin ou au féminin)
