Vivre malgré sa dysphorie

Astuces, questionnements et conseils pour passer au masculin sans aide médicale
Jo44
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Vivre malgré sa dysphorie

Message par Jo44 » 28 sept. 2020 17:08

Bonjour,

Je suis nouveau ici, ça fait plusieurs années que je souffre de dysphorie de genre (depuis que je suis enfant en fait et c'est devenu insupportable à partir de la puberté) enfin bref... Je voulais faire une transition quand j'avais 19 ans (j'en ai 26 aujourd'hui) je me sentais prêt d'être enfin moi meme et j'ai fait mon coming out à une amie, ça c'etait très mal passé j'ai été humilié devant tous mes amis et au file des recherches la vie de trans me fait peur... (La transphobie et la solitude qui peut en découler) , j'ai finalement fait machine arrière cette année là et j'ai essayé de vivre avec ma dysphorie seul sans en parler à personne. Aujourd'hui je craque, je n'en peux plus de cette situation... Je n'ai pas le courage de faire une transition, trop peur du regard des autres et d'etre marginalisé...
Je sais que ce n'ai pas une maladie mais je le ressent comme ça, j'ai l'impression d'etre une femme qui se prend pour un homme et j'en ai honte. J'ai pris un rendez vous avec une spy pour qu'elle m'aide à en "guérir" ( je ne dis pas ça pour vexer qui que ce soit! J'admire tous ceux qui ont franchi le pas de la transition, je n'en ai tout simplement pas le courage).

Je voulais savoir si vous aviez des Conseil pour apprendre à vivre avec la dysphorie (et (dans l'ideal) s'accepter en tant que femme?)

Encore une fois, j'ai bien conscience qu'il y a peu de chance que je trouve de l'aide ici ( qui ne tente rien à rien, et la je sais plus vers qui me tourner) mais sachez que je ne veux pas étre offensant envers vous avec le ressenti que j'ai personnellement face à la dysphorie qui l'empoisonnement la vie....

En espérant avoir une réponse,
Jo

Max804
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Re: Vivre malgré sa dysphorie

Message par Max804 » 28 sept. 2020 19:12

Salut,
Y'a plusieurs choses...
Tu ne pourras pas "guérir" alors même que tu dis que tu sais que ce n'est pas une maladie.
Tu sembles dans une impasse actuellement.
Cette impasse semble générée par 2 choses contradictoires: tu es un mec mais tu ne veux pas transitionner.
Peut être que pour commencer tu pourrais ne pas t'enfermer toi-même dans cette impasse en te la formulant peu ou prou de la sorte.
Si tu prends les choses sous un autre angle:
1/ isolement des personnes trans: oui la transition peut générer de l'isolement mais non les personnes trans ne sont pas nécessairement isolées (ami.e.s, travail, famille, milieux associatifs et/ou militant, etc.)
2/ transphobie: oui c'est pas toujours évident, mais ce n'est pas H24 toujours tout le temps et on peut même avoir de bonnes surprises
3/ courage de transitionner : difficile de se sentir courageux quand la peur domine et qu'on réfléchit en se projetant mais avec seulement des images effrayantes.
Je dis pas ça pour te faire changer d'avis sur le fait de transitionner ou non mais plutôt pour relativiser cette image négative que tu évoques dans ton message.
4/vivre avec la disphorie: bon tu peux vivre avec, la question c'est est ce que tu vivras bien? Est ce que tu peux te projeter dans l'avenir et te dire "ok ça ira"?
A titre d'exemple : en 2016 j'ai dit à mon frère que j'étais un gars mais que je ne ferai JAMAIS de transition.... j'ai commencé à transitionner en 2018... parce que je ne pouvais plus continuer sans rien faire ..
Peut être que même sans envisager de transitionner dès demain tu peux envisager la question sous d'autres aspects grâce à la lecture de quelques témoignages sur le forum.
Évidemment cette réponse n'est pas un conseil pour accepter d'être une femme. Mais je serai bien incapable de te donner un tel conseil alors même que tu n'exprimes pas "être une femme".
Bon courage.

Dag
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Re: Vivre malgré sa dysphorie

Message par Dag » 28 sept. 2020 19:43

Hello,

Comme Max, je pense que l'on ne peut pas guérir de ça. On est comme on est. La seule chose sur laquelle on peut avoir une prise, c'est décider de transitionner ou accepter le statut quo et trouver une façon de vivre qui soit supportable pour soi.

J'aurais bien du mal à te conseiller sur le fait d'accepter ou de bien vivre sous une identité de femme si tu ne penses pas en être une en effet.
Ce qui m'a aidé à supporter cette identité qui n'était pas la mienne pendant longtemps était un refus absolu de me conformer aux stéréotypes de genre: par exemple, je me suis toujours coiffé, habillé et comporté comme je sentais vouloir le faire. Ce faisant, j'étais perçu comme une fille très masculine (ou un ado de 15 ans...) et mon reflet me plaisait davantage, mais ça ne m'a pas empêché d'avoir des amis ou de travailler. Je n'ai jamais accepté mon identité féminine à proprement parlé, j'avais juste trouvé comme ça des moyens de mieux la vivre.
Néanmoins, ces éléments et les raisons que je me donnais pour ne pas transitionner alors que je savais être un mec trans depuis mon adolescence ont fini par se casser la figure quand j'ai eu 27 ou 28 ans. Je n'en pouvais plus de ne pas vivre pour moi et de me mettre des barrières pour protéger les autres, ma carrière... Du coup, pour moi, ça n'a été qu'un palliatif temporaire pour le moment où j'ai été prêt à me lancer, pas vraiment un conseil d'acceptation en soi.

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Re: Vivre malgré sa dysphorie

Message par Apeiron » 28 sept. 2020 22:52

Salut,

Je peux comprendre ce que tu ressens car je n'ai jamais été dans l'évidence de certains FtMs "Je suis un mec donc je fais tout pour en devenir un", j'ai au contraire eu des hésitations et des revirements, des doutes, des tentatives d'accepter mon sexe biologique (et l'identité sociale F qui s'y rattachait) comme toi...mais impossible.

Paradoxalement, le ressenti d'un moi profond comme étant garçon est aussi originel que l'évidence d'être de sexe biologique féminin donc j'ai fini par faire une transition complète.

En fait je me suis lancé dans une transition à 17 ans mais j'ai tout stoppé à 20 pour voir si je pouvais m'accepter dans une identité F mais sans chercher à correspondre aux codes féminins pour finalement tout reprendre à 22 et aller au bout d'une transition FtM en moins d'un an (rendre les choses biologiquement irréversible du point de vue génitale - hysté totale - et changer complètement d'état civil, j'avais déjà fait l'opé du torse à 18).

J'en ai 31 et je ne suis toujours pas apaisé malgré plus de dix ans de vie sous une identité masculine (j'ai des moments très réguliers de mal-être à cause du fait d'être trans, le sentiment de ne ressembler ni à un homme ni à une femme, de n'avoir de place nulle part voire d'être dérangeant pour les gens...) mais pour répondre au titre de ton topic, aller au bout d'une transition (dans la mesure où mon identité officielle est masculine) m'a permis de vivre un peu plus apaisé avec la dysphorie, enfin de vivre tout simplement mais assez torturé quand même.

Bref, il n'y a pas vraiment de solution miracle mais chez certains c'est quand même beaucoup plus apaisé que chez d'autre, chaque parcours de transition et de vie étant différent. Et puis, on ne va pas se mentir, il y a aussi la prédisposition biologique qui joue beaucoup : certains passent beaucoup plus facilement dans leur genre souhaité que d'autres pour qui le déterminisme biologique demeure même post-transition.
Mais ici nous avons pour point commun de ne pouvoir justement pas nous accepter avec notre identité féminine et d'avoir tranché pour une transition donc difficile de t'aider dans une voie nous paraissant impossible.

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Re: Vivre malgré sa dysphorie

Message par Killian5 » 29 sept. 2020 00:57

Salut, c'est pas parce que tu te out que tu vas finir seul et malheureux. Désolé pour toi que tu aies eu cette première mauvaise expérience. Pour ma part ma transition renforce mon couple. Et si la transphobie te gâche la vie c'est pour ça que les gens se regroupent en communautés. Actuellement elle te gâche déjà la vie puisque que tu expérimentes déjà une solitude, celle d'être seul face à toi-même. Est-ce que tu préfères cette solitude là au risque de reperdre des gens, à toi de voir. Une fois la transition terminée il n'y aurait pas de raisons que tu sois marginalisé car personne n'est obligé d'être au courant.
Tu parles d'humiliation, de honte, je sais ce que c'est. A un moment donné, si t'es un mec, t'es juste un mec, point. Ya rien de ridicule à être soi-même. Les mecs cis ont rien fait de spécial pour se considérer comme étant des mecs (enfin si, question complexe, mais je parle vraiment d'un ressenti intime et individuel), ils savent qu'ils le sont et puis voilà, c'est pareil avec nous. Du coup comme disent les autres ça parait compliqué de donner des conseils à un mec pour s'accepter en tant que femme.

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Re: Vivre malgré sa dysphorie

Message par PauSG » 29 sept. 2020 09:30

Salut Jo,

Déjà tu es tout à fait le bienvenu ici. Je ne sais pas si on pourra t'aider, mais on pourra évidemment t'écouter et te soutenir. Ce n'est pas à nous de te dire ce qui est bon pour toi ou non, ni de juger tes choix. Si tu estimes que ce n'est pas le moment pour toi de transitionner, ou qu'une transition n'est pas la bonne solution pour toi, tu es le seul à pouvoir faire ce choix.
J'espère que tu pourras quand même trouver sur le forum du soutien, des pistes pour te sentir mieux et trouver ton point d'équilibre.
Le blog de mon parcours: http://transboiramble.blogspot.fr/

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Re: Vivre malgré sa dysphorie

Message par couss » 01 oct. 2020 07:20

Bienvenue à toi. Tu es sur un forum dédié aux hommes trans mais aussi aux personnes en questionnement, il n'y aura pas de jugement et si tu as besoin de parler de ta honte, alors parle.

Personne ne peut prendre la décision à ta place, ce qu'il te faut c'est trouver ton point d'équilibre et il est propre à chacun. Vivre en femme masculine c'est possible, je l'ai longtemps fait et j'aurais pu continuer, mais j'avais ce sentiment très fort de passer à côté de ma vie. J'avais un équilibre trouve au niveau social : un appart, un job qui me plaisait, des ami.e.s. Mais plus j'avançais dans les années, plus la perspective d'un avenir de femme m'angoissait. Je ne voulais pas être trans parce que je ne voulais pas que ça se voit, je ne voulais pas faire 2 ans de psychiatrie, perdre tout mon entourage, et mon travail. De plus, je n'avais pas confiance dans les chirurgies génitales qui existaient à ce moment là. Un jour, au hasard d'une série, je tombe sur un personnage joué par l'acteur trans Eliott Fletcher, je vois enfin ce qu'est un mec trans sous testo (et non pas une actrice déguisée). Je me suis intéressé à son parcours que j'ai retrouvé sur youtube, puis je suis tombé sur des youtubeur trans et enfin sur ce forum. Ce fut la révélation. J'ai pu en parler à mes sœurs, qui le savaient déjà et qui m'ont dit de le faire. Fort de cet appui je me suis lancé. J'ai trouvé depuis de supers ami.e.s qui m'ont toujours soutenu, j'ai gardé tous les anciens, j'ai gardé ma famille, mon job et j'ai trouvé une chérie qui n'est pas trans (car je pensais que le seul moyen de trouver quelqu'un c'était entre personne trans). Ma transition s'est passée sans encombres et je suis très heureux aujourd'hui. Rien à voir avec l'image que j'avais de la personne trans au physique trans, travailleuse du sexe, agonisant sur un lit d'hôpital ou allant mourir d'overdose dans un caniveau.
Mais il faut aller à ton rythme. Si tu as peur, ce n'est peut être pas le moment. J'avais fait en sorte de planifier ma transition, calculer le coût, les étapes. J'avais d'abord commencé par tout ce qui était réversible comme aller chercher une ordonnance. Planifier m'a permis de me projeter et de me dire que ok j'en étais capable.
Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque. À te regarder, ils s'habitueront.
René Char.

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Re: Vivre malgré sa dysphorie

Message par MaxElie » 02 oct. 2020 13:03

Hello Jo,
je comprend ce que tu ressens.
Je ne sais pas si mon témoignage pourra t'aider mais je le fais quand même
J'ai 31 ans et j'ai vécu comme une femme cis durant de nombreuses années tout en sachant que je n'en étais pas une. J'ai fait de longues dépressions, enchaîné les comportements à risques, les situations toxiques. les addictions... Je savais que j'étais un mec mais pour même en étant un peu déconstruit.e je pensais qu'un mec c'était seulement et uniquement une personne affublé d'un pénis et un comportement problématiques (merci pas merci aux femmes cis et à la transmisandrie intériorisé). Au final c'était aussi difficile pour moi de comprendre qu' il y a autant de parcours trans que de personnes, et autant de moyens d'exprimer ton genre que de genres (pour moi un nombre INFINIS!) Je suis un mec trans bi et assez féminin, j'ai commencé la testo en micro dose et je n'ai jamais été aussi heureux que depuis que j'ai pu complètement m'outer ... mais je sais que c'est long et qu'on peut passer par beaucoup d'étapes difficiles et de retour en arrière. La dysphorie je pense qu'elle sera toujours présente tant que la société ne changera pas et continuera à nier nos existences. C'est pour cela que c'est important de se connaître entre trans, personnes non binaire ,et intersexes. Je te conseille de chercher à rencontrer des personnes trans*, perso ça m'a beaucoup aidé, c'est même vital. Même si tu te sens "en questionnement" ton ressenti est valide et important et tu as ta place dans les groupes de paroles trans, et dans les associations trans!
Enfait en te disant ça je ne te dis pas qu'il faut absolument s'outer et le faire ou transitionner...mais je pense que l'étape dites du "questionnement" est tout aussi valide et nécessite du support que celle de la transition même si au final on choisit de pas faire de transition sociale ou physique ...

Bon courage

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Re: Vivre malgré sa dysphorie

Message par Jo44 » 14 oct. 2020 00:51

Max804 a écrit :
28 sept. 2020 19:12
Salut,
Y'a plusieurs choses...
Tu ne pourras pas "guérir" alors même que tu dis que tu sais que ce n'est pas une maladie.
Tu sembles dans une impasse actuellement.
Cette impasse semble générée par 2 choses contradictoires: tu es un mec mais tu ne veux pas transitionner.
Peut être que pour commencer tu pourrais ne pas t'enfermer toi-même dans cette impasse en te la formulant peu ou prou de la sorte.
Si tu prends les choses sous un autre angle:
1/ isolement des personnes trans: oui la transition peut générer de l'isolement mais non les personnes trans ne sont pas nécessairement isolées (ami.e.s, travail, famille, milieux associatifs et/ou militant, etc.)
2/ transphobie: oui c'est pas toujours évident, mais ce n'est pas H24 toujours tout le temps et on peut même avoir de bonnes surprises
3/ courage de transitionner : difficile de se sentir courageux quand la peur domine et qu'on réfléchit en se projetant mais avec seulement des images effrayantes.
Je dis pas ça pour te faire changer d'avis sur le fait de transitionner ou non mais plutôt pour relativiser cette image négative que tu évoques dans ton message.
4/vivre avec la disphorie: bon tu peux vivre avec, la question c'est est ce que tu vivras bien? Est ce que tu peux te projeter dans l'avenir et te dire "ok ça ira"?
A titre d'exemple : en 2016 j'ai dit à mon frère que j'étais un gars mais que je ne ferai JAMAIS de transition.... j'ai commencé à transitionner en 2018... parce que je ne pouvais plus continuer sans rien faire ..
Peut être que même sans envisager de transitionner dès demain tu peux envisager la question sous d'autres aspects grâce à la lecture de quelques témoignages sur le forum.
Évidemment cette réponse n'est pas un conseil pour accepter d'être une femme. Mais je serai bien incapable de te donner un tel conseil alors même que tu n'exprimes pas "être une femme".
Bon courage.
Merci pour ta réponse. J'ai été un peu long à répondre à mon tour, j'ai été très occupé ces derniers temps. En fait quand je parle de solitude c'est aussi en amour et l'homophobie qui en découlerait; Je suis en couple avec un homme hétéro et il m'aime féminine. Une transition impliquerait obligatoirement un rupture après plusieurs années de vie de couple ensemble et j'ai surfé sur plusieurs forum et j'ai vu ce que pensais les hommes gay cisgenre sur les homme gay transgenre, en claire nous ne sommes pas de vrais "hommes" pour eux et l'absence de pénis les gène et c'est pour ça que je parlait d'être isolé. Bien que l'idée de quitter mon copain me semble impossible, sortir avec un homme FTM serait tout à fait ok pour moi mais les hommes FTM sont une minorité et les gay FTM, une encore plus petite minorité ce qui réduit drastiquement les chances de trouver l'amour ou même de s'amuser à deux. Vivre en tant que femme hétéro me semble tellement plus simple de ce coté là, bien que douloureux. Je déprime beaucoup en ce moment car oui je pense être dans une impasse. Je ne vois aucune issue possible.
Je suis content pour toi que le transition a été bénéfique pour toi.

Jordan.

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Re: Vivre malgré sa dysphorie

Message par Jo44 » 14 oct. 2020 00:59

Dag a écrit :
28 sept. 2020 19:43
Hello,

Comme Max, je pense que l'on ne peut pas guérir de ça. On est comme on est. La seule chose sur laquelle on peut avoir une prise, c'est décider de transitionner ou accepter le statut quo et trouver une façon de vivre qui soit supportable pour soi.

J'aurais bien du mal à te conseiller sur le fait d'accepter ou de bien vivre sous une identité de femme si tu ne penses pas en être une en effet.
Ce qui m'a aidé à supporter cette identité qui n'était pas la mienne pendant longtemps était un refus absolu de me conformer aux stéréotypes de genre: par exemple, je me suis toujours coiffé, habillé et comporté comme je sentais vouloir le faire. Ce faisant, j'étais perçu comme une fille très masculine (ou un ado de 15 ans...) et mon reflet me plaisait davantage, mais ça ne m'a pas empêché d'avoir des amis ou de travailler. Je n'ai jamais accepté mon identité féminine à proprement parlé, j'avais juste trouvé comme ça des moyens de mieux la vivre.
Néanmoins, ces éléments et les raisons que je me donnais pour ne pas transitionner alors que je savais être un mec trans depuis mon adolescence ont fini par se casser la figure quand j'ai eu 27 ou 28 ans. Je n'en pouvais plus de ne pas vivre pour moi et de me mettre des barrières pour protéger les autres, ma carrière... Du coup, pour moi, ça n'a été qu'un palliatif temporaire pour le moment où j'ai été prêt à me lancer, pas vraiment un conseil d'acceptation en soi.
Je me reconnais beaucoup dans ce que tu décris. J'essaie en effet de me sentir mieux avec un style masculin et une coupe androgyne. Mais ça a mis des tentions dans mon couple. Donc je suis un peu dans l'obligation de me la jouer féminine de temps en temps, parfois à travers les yeux de mon copain, je me sens bien mais une fois devant le miroir ... C'est autre chose, comme l'impression de me travestir. C'est pour ça que j'essaie tant bien que mal d'en "guérir"; Ce mot est très mal choisi, mais j'ai sincèrement l'impression qu'il y a quelque chose qui cloche. Je me demande d'où ça vient cette dysphorie. à vrai dire, se dire qu'on est un homme dans un corps de femme, j'ai l'impression que c'est réalité qui dépasse la fiction. Je le vie mal et j'avoue que si je pouvais au moins comprendre d'où ça vient ça pourrait m'aider.

Jo

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