Bonjour,
Je me permets d'ouvrir un nouveau sujet car je n'ai rien trouvé à ce sujet. Au contraire, je lis énormément de témoignage de personne, parfois même encore mineures, qui ont la chance d'avoir le soutien qu'il faut pour transitionner très jeune...
Pour ma part, j'ai 41 ans, les cheveux blancs apparaissent doucement, je mesure 1m59, je chausse du 36, j'ai vécu une grossesse et un accouchement par césarienne, bref : mon corps est totalement figé dans sa forme féminine et cela m'inquiète lourdement sur le résultat d'une transition.
Évidemment, transition ou non, tout le monde à envie de se plaire dans le miroir, mais avant ça, j'aimerais me dire que je transitionne pour ressembler à un homme, et non pas à une femme qui subit tous les effets indésirables de la ménopause...
J'ai vraiment très peur de ça, en faisant une transition tardive...
Déjà que si je me lance, ma vie risque de voler en éclat, mais si en plus je ne peux jamais être "l'homme" que je me sens être, alors à quoi bon... ?
Qu'est-ce que je peux espérer à mon âge ?
Est-ce qu'il n'est pas un peu tard et les risques sont plus grands que les avantages ?
Je m'inquiète particulièrement au niveau du visage (forme et pilosité), la voix et de la largeur des hanches... sachant qu'on ne peut rien espérer pour la taille, et le reste.
J'aimerais éviter de passer par la chirurgie au maximum, sachant que je n'aurai pas des milliers de moyens non plus...
Merci pour vos retours.
Transitionner après 40 ans
-
Kuzh
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Re: Transitionner après 40 ans
Bonsoir,
Il n’y a pas d’âge pour transitionner, et le « résultat » de votre transition dépendra essentiellement de votre génétique et votre hygiène de vie. Quoi qu’il en soit vous serez votre propre version de masculinité, comme c’est le cas pour les hommes cisgenres (aux physiques variés).
Vous êtes la seule personne qui puisse répondre à vos interrogations sur les « risques » et « avantages » de cette transition. La meilleure solution pour éliminer vos craintes est de vous laisser le temps de poursuivre votre cheminement en traitant chaque interrogation une par une (si possible avec l’aide d’un.e professionnel.le du genre) sans vous pressuriser.
Si l’anglais ne vous pose pas de problème, je ne peux que vous conseiller la chaine youtube de « DR Z PHD » (Dr Natalia Zhikhareva, psychologue clinicienne agréée, spécialisée exclusivement dans l’évaluation et le traitement de la dysphorie de genre chez les adultes transgenres et non binaires).
Sa chaîne m’a énormément aidé dans mon parcours en me donnant les outils nécessaires pour approfondir et comprendre certaines réflexions et interrogations que je pouvais avoir.
Voilà une de ses vidéos sur l’âge et la transition (elle en a fait d’autres sur les attentes physiques et le relationnel):
« Is It Too Late to Transition at 45, 55, or 65? A Gender Specialist Answers”
https://www.youtube.com/watch?v=XLm3Z90wwcU
En espérant que cela puisse vous aider
Il n’y a pas d’âge pour transitionner, et le « résultat » de votre transition dépendra essentiellement de votre génétique et votre hygiène de vie. Quoi qu’il en soit vous serez votre propre version de masculinité, comme c’est le cas pour les hommes cisgenres (aux physiques variés).
Vous êtes la seule personne qui puisse répondre à vos interrogations sur les « risques » et « avantages » de cette transition. La meilleure solution pour éliminer vos craintes est de vous laisser le temps de poursuivre votre cheminement en traitant chaque interrogation une par une (si possible avec l’aide d’un.e professionnel.le du genre) sans vous pressuriser.
Si l’anglais ne vous pose pas de problème, je ne peux que vous conseiller la chaine youtube de « DR Z PHD » (Dr Natalia Zhikhareva, psychologue clinicienne agréée, spécialisée exclusivement dans l’évaluation et le traitement de la dysphorie de genre chez les adultes transgenres et non binaires).
Sa chaîne m’a énormément aidé dans mon parcours en me donnant les outils nécessaires pour approfondir et comprendre certaines réflexions et interrogations que je pouvais avoir.
Voilà une de ses vidéos sur l’âge et la transition (elle en a fait d’autres sur les attentes physiques et le relationnel):
« Is It Too Late to Transition at 45, 55, or 65? A Gender Specialist Answers”
https://www.youtube.com/watch?v=XLm3Z90wwcU
En espérant que cela puisse vous aider
-
Sophie
- Gravier

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Re: Transitionner après 40 ans
Merci beaucoup pour cette vidéo, j'ai pu la voir avec des sous-titres, je vais voir s'il y en a d'autres qui peuvent être traduites, j'ai tenté sans, je comprends une partie, pas tout, malheureusement...
Effectivement, personne ne peut prédire le résultat d'une transition, tout comme personne ne peut prédire le résultat d'une puberté, de manière générale, la génétique y est pour beaucoup et je ne sais pas comment me fier à ce que je constate dans ma famille... Une bonne nouvelle : la calvitie est rare, elle ne touche qu'un de mes oncles, mais autant mon père, l'autre oncle, et mes grands-pères avaient tous leur cheveux (soyons optimistes) ! Niveau pilosité, pareil, bonne barbe, mais pas des ours pour le reste du corps, ce genre.
C'est plus dans la forme générale du corps que je m'inquiète, celle qui ne changera pas, pas trop, justement.
En fait, je dois avouer avoir développé un biais avec les années, un besoin de ne pas juste "être", mais aussi "être vu/e comme"...
Mon rapport au corps, à mon corps actuel est compliqué. Je me suis toujours trouvé horrible, répugnante, dégoûtante... Je ne supporte aucune photo, aucun reflet, rien.
Alors effectivement, j'ai besoin de me dire que si je change, je me plairai enfin, j'aimerai le reflet dans le miroir...
En fait, je pense que je cherchais surtout des témoignage rassurants de personne qui ont transitionné après 40 ans et pour qui tout s'est bien passé, même si les changements n'étaient pas forcément ceux attendus, ou autre, les bonnes surprises, ce qui a pu être modifiés, retouchés, les peurs qui au final n'étaient rien et n'ont jamais dérangé le passing, etc.
En ce qui me concerne, j'envisage deux chirurgies, avec ou sans transition :
- l'abdominoplastie (j'ai hérité d'un tablier abdominal après l'accouchement
qui n'a jamais disparu malgré le sport etc.)
- et la mastectomie (dont je rêve depuis l'apparition de ma poitrine, à 8-9 ans... j'ai déjà fait une réduction à 20 ans, mais... pas complète, évidemment, à l'époque).
Mais avec une transition officielle, j'ai peur à deux niveaux :
- garder des hanches larges, même si j'ai bon espoir que perte de poids + un peu de sport (et vêtements) aide un peu a équilibrer,
- et aussi niveau visage... un peu peur de garder des traits trop féminins, ou ne pas avoir assez de pilosité au visage pour "cacher"...
Voilà un peu où se situe mes craintes personnelles... Bien que je sais que personne n'a de boule de cristal pour deviner à ma place...

Effectivement, personne ne peut prédire le résultat d'une transition, tout comme personne ne peut prédire le résultat d'une puberté, de manière générale, la génétique y est pour beaucoup et je ne sais pas comment me fier à ce que je constate dans ma famille... Une bonne nouvelle : la calvitie est rare, elle ne touche qu'un de mes oncles, mais autant mon père, l'autre oncle, et mes grands-pères avaient tous leur cheveux (soyons optimistes) ! Niveau pilosité, pareil, bonne barbe, mais pas des ours pour le reste du corps, ce genre.
C'est plus dans la forme générale du corps que je m'inquiète, celle qui ne changera pas, pas trop, justement.
En fait, je dois avouer avoir développé un biais avec les années, un besoin de ne pas juste "être", mais aussi "être vu/e comme"...
Mon rapport au corps, à mon corps actuel est compliqué. Je me suis toujours trouvé horrible, répugnante, dégoûtante... Je ne supporte aucune photo, aucun reflet, rien.
Alors effectivement, j'ai besoin de me dire que si je change, je me plairai enfin, j'aimerai le reflet dans le miroir...
En fait, je pense que je cherchais surtout des témoignage rassurants de personne qui ont transitionné après 40 ans et pour qui tout s'est bien passé, même si les changements n'étaient pas forcément ceux attendus, ou autre, les bonnes surprises, ce qui a pu être modifiés, retouchés, les peurs qui au final n'étaient rien et n'ont jamais dérangé le passing, etc.
En ce qui me concerne, j'envisage deux chirurgies, avec ou sans transition :
- l'abdominoplastie (j'ai hérité d'un tablier abdominal après l'accouchement
- et la mastectomie (dont je rêve depuis l'apparition de ma poitrine, à 8-9 ans... j'ai déjà fait une réduction à 20 ans, mais... pas complète, évidemment, à l'époque).
Mais avec une transition officielle, j'ai peur à deux niveaux :
- garder des hanches larges, même si j'ai bon espoir que perte de poids + un peu de sport (et vêtements) aide un peu a équilibrer,
- et aussi niveau visage... un peu peur de garder des traits trop féminins, ou ne pas avoir assez de pilosité au visage pour "cacher"...
Voilà un peu où se situe mes craintes personnelles... Bien que je sais que personne n'a de boule de cristal pour deviner à ma place...
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Kuzh
- Gravier

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- Enregistré le : 15 avr. 2022 23:45
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Re: Transitionner après 40 ans
Entre la redistribution des graisses, la pratique des bons sport pour développer le haut du corps et trouver les vêtements qui mettent en valeur ce qu’on veut mettre en valeur et cacher ce qu’on veut cacher; la frontière entre le féminin et le masculin est souvent bien plus mince que ce que l’on peut s’imaginer.
Entre le syndrome de l’imposteur et la pression pour cocher des critères (plus ou moins caricaturaux) de ce qu’est un « HOMME » selon nos clichés intériorisés, on se met souvent des bâtons dans les roues pour pas grand-chose. ^^'
J’habite près d’une plage, et le fait de voir souvent des gens en maillots de bain aide à mettre les choses en perspective.
Beaucoup plus d’hommes ont des hanches aussi larges, voir même plus larges que leurs épaules (en os ou en poignets d’amour). Beaucoup font moins d’1m65. Beaucoup ont de la poitrine. On ne pas fait toujours attention à eux, mais ils sont bien là, et loin de se poser autant de questions sur ce qu’on pense d’eux.
Le fait de ne pas aimer son reflet peut être dû soit à de la dysphorie ou à de la dysmorphophobie ou à un mélange des deux. Reconstruire son rapport avec son corps peut prendre des années et réussir à aimer son reflet est souvent l’étape finale de cette réconciliation. (se tolérer-> se voir -> s’accepter -> se reconnaître -> s’aimer).
Il est nécessaire de faire preuve de beaucoup d’indulgence, de compassion et de patience envers soi-même en y allant étapes par étapes avec des micros objectifs bien définis.
Certains objectifs pourront être atteints, d’autres non et faire le deuil de ce qui ne peut être changé est tout aussi important que le reste.
La confiance en soi joue énormément sur la manière dont les autres nous perçoivent.
On sous-estime souvent l’importance du langage corporel (la façon de se tenir, de se mouvoir etc), et la manière dont il influence inconsciemment notre entourage. C’est assez dur au début mais si vous y croyez assez les autres en feront de même. « Fake it till you make it ». Et même s’il y encore du mégenrages au début, ça finit souvent pas s’estomper.
Entre le syndrome de l’imposteur et la pression pour cocher des critères (plus ou moins caricaturaux) de ce qu’est un « HOMME » selon nos clichés intériorisés, on se met souvent des bâtons dans les roues pour pas grand-chose. ^^'
J’habite près d’une plage, et le fait de voir souvent des gens en maillots de bain aide à mettre les choses en perspective.
Beaucoup plus d’hommes ont des hanches aussi larges, voir même plus larges que leurs épaules (en os ou en poignets d’amour). Beaucoup font moins d’1m65. Beaucoup ont de la poitrine. On ne pas fait toujours attention à eux, mais ils sont bien là, et loin de se poser autant de questions sur ce qu’on pense d’eux.
Le fait de ne pas aimer son reflet peut être dû soit à de la dysphorie ou à de la dysmorphophobie ou à un mélange des deux. Reconstruire son rapport avec son corps peut prendre des années et réussir à aimer son reflet est souvent l’étape finale de cette réconciliation. (se tolérer-> se voir -> s’accepter -> se reconnaître -> s’aimer).
Il est nécessaire de faire preuve de beaucoup d’indulgence, de compassion et de patience envers soi-même en y allant étapes par étapes avec des micros objectifs bien définis.
Certains objectifs pourront être atteints, d’autres non et faire le deuil de ce qui ne peut être changé est tout aussi important que le reste.
La confiance en soi joue énormément sur la manière dont les autres nous perçoivent.
On sous-estime souvent l’importance du langage corporel (la façon de se tenir, de se mouvoir etc), et la manière dont il influence inconsciemment notre entourage. C’est assez dur au début mais si vous y croyez assez les autres en feront de même. « Fake it till you make it ». Et même s’il y encore du mégenrages au début, ça finit souvent pas s’estomper.