Guerir de la dysphorie sans transition ?

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Manul
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Guerir de la dysphorie sans transition ?

Message par Manul » 26 déc. 2021 19:23

Bonjour,

Ma question peut paraître un peu bizarre peut-être mais voilà, je suis une fille qui fait de la dysphorie depuis l'âge de 5 ans environ, aujourd'hui j'en ai 17. J'ai toujours eu envie d'avoir une anatomie de garçon et j'ai très mal vécu l'arrivée de mes seins notamment. Je ne regarde jamais ma vulve, je détourne le regard quand je vais aux toilettes et quand je me lave.
J'ai la chance d'avoir une famille aimante qui me soutient et un très bon psy qui me suit depuis 3 ans. Je n'ai pas entamé de transition, ni sociale ni médicale. J'ai essayé pendant quelque temps de demander à certains de mes amis proches d'utiliser le pronom "il" et une version masculinisée de mon prénom, mais contrairement à beaucoup de personnes trans qui témoignent, cela ne m'a pas fait du bien. J'avais honte parce que j'avais l'impression de me mentir à moi-même et d'obliger les autres à mentir aussi. Même si ce sont des personnes adorables et compréhensives qui veulent mon bien, je sais bien qu'une part d'eux ne peut pas me considérer sincèrement comme un vrai garçon, et moi-même je ne peux pas. Je ne sais pas comment expliquer cette sensation mais c'est presque aussi horrible que la dysphorie en elle-même. Je me sens comme un garçon, mais je sais que je suis une fille, que j'ai deux chromosomes X, et que même une chirurgie intégrale et très bien faite ne sera jamais comme une vraie anatomie masculine naturelle.
Je porte tous les jours un binder parce que ma silhouette me plaît beaucoup mieux ainsi, et j'accepte cette idée parce que je me dis que ce n'est pas vraiment un mensonge, c'est juste un type spécial de soutien gorge... Mais dans le regard des autres, j'ai presque autant honte de cacher mes seins, que de mes seins en eux-mêmes.
Je suis désespérée et je pense souvent au suicide parce que je ne sais pas comment me débarrasser de ce mal être.
J'aimerais savoir si certains d'entre vous avaient déjà entendu parler de quelqu'un qui aurait pu guérir de la dysphorie, par un traitement psychologique uniquement, et accepter son corps et son genre de naissance au lieu d'essayer de le changer. Je sais que pour certains ça n'a été qu'une passade pendant l'adolescence par exemple, mais pour moi c'est quelque chose de très ancré depuis que je suis toute petite... Alors j'ai peu d'espoirs... Le seul traitement dont on entend parler est toujours la transition, mais est-ce que c'est vraiment la seule option ?
Voilà, j'aimerais vraiment guérir de ma dysphorie et m'accepter en tant que femme.
Merci beaucoup de m'avoir lue.

Manul

Ps: je tiens à préciser que même si la transidentité ne me convient pas, je suis très heureuse que cela puisse aider d'autres personnes et je soutiens toutes les personnes trans de la terre quel que soit leur parcours

John
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Re: Guerir de la dysphorie sans transition ?

Message par John » 26 déc. 2021 20:05

(je précise que je ne suis pas médecin et que ce qui suit n'est que mon avis personnel, éclairé, certes, mais forcément subjectif)

La dysphorie, ce serait plus un symptôme qu'une maladie en soi. Ça peut être symptôme de transidentité comme d'autre chose, d'ailleurs. Partant de là, on ne peut pas la soigner, on peut juste atténuer / faire disparaître le symptôme, en s'attaquant à ce qui le provoque. Pour certains, le "traitement" c'est la transition hormonale, pour d'autres des opérations, etc.
Tu parles de transition, mais il n'y a pas "qu'une seule façon" de transitionner. Toutes les personnes trans ne prennent pas d'hormones, pas en même quantité, pas au même rythme, ne font pas toutes les mêmes opérations, etc.
Moi par exemple je me définis comme transgenre et non-binaire, je me suis debarrassé de ma poitrine et j'ai changé de prénom et pronoms mais c'est tout (pour le moment). Je ressens encore parfois de la dysphorie mais ces deux choses ont suffi à l'alléger suffisamment pour que ce soit vivable. J'ai 31 ans et j'ai attendu longtemps avant de me décider, je n'ai fait tout ça que cette année, parce que comme toi je me sentais pas légitime, et ça m'arrive encore de douter de moi. Mais à 31 ans, jai aussi réalisé que j'avais le droit de me sentir bien, et que pour ça je pouvais faire ce qui était le mieux pour moi et moi seul·e, sans me baser sur les attentes des autres.

On a pas tous la même opinion sur le sujet sur le forum, mais si on part du principe qu'être trans est une "maladie" (dont la dysphorie est un symptôme), la transition est le seul remède qui a véritablement fait ses preuves.

Tu dis avoir un très bon psy, as-tu parlé avec lui de tout ça ? As-tu pu éliminer avec lui toutes les autres causes potentielles de ta dysphorie ? Il est, je pense, vital pour toi de déterminer les causes de ton rejet de certaines parties de ton corps (notamment en cas de traumatisme) avant d'envisager une transition de toutes façons.

Au final, je pense que le plus important c'est de se sentir bien avec soi-même. Quels que soient la forme ou le chemin que cela prend d'atteindre cette paix intérieure. Pour certains d'entre nous, c'est une transition, pour d'autres c'est autre chose... Mais je ne pense pas qu'il faille voir la transition comme quelque chose de si néfaste qu'on y préférerait le suicide, au contraire, c'est juste l'un des outils dont certains d'entre nous ont besoin pour se sentir en paix.
Modifié en dernier par John le 26 déc. 2021 20:09, modifié 1 fois.

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Re: Guerir de la dysphorie sans transition ?

Message par a_psalm_for_no_one » 27 déc. 2021 00:24

Tu peux apprendre à vivre avec mais elle ne guérira pas. Elle restera toujours dans un coin de ta tête. C'est une condition physique, ce n'est pas dans la tête, rien ne peut remplacer un traitement qui agit sur le physique. Et les traitements qu'on a n'en sont même pas, ce sont plutôt des caches-misères, des tentatives de réparer une erreur de la nature - d'être né avec le mauvais sexe. Mais c'est ce qu'on a de mieux, objectivement parlant.

Mais je comprends parfaitement que la transition médicale ne soit pas non plus la solution miracle. Parce que ce n'est pas une solution. La dysphorie ne guérit complètement que dans de très rares cas. La transition médicale est incroyable mais elle ne peut pas prétendre à parfaitement imiter le sexe qu'on aurait dû être.

Mais le cerveau humain est époustouflant, sa résistance aux divers traumatismes effrayante. Il est possible de vivre en "restant cis" malgré la dysphorie de genre. Peut-être que ça peut être ton cas, peut-être que non.

Mais transition ou pas, la dysphorie te hantera toujours plus ou moins. À toi de voir ce qui peut t'aider à mieux la supporter. Ça peut être long à trouver. Si tu penses que tu vivras mieux en "cis", eh bien, vas-y. L'important est de faire en sorte d'avoir la plus grande qualité de vie possible. Pour certains il leur faut transitioner, d'autres non. Pour d'autres, rien ne suffit à calmer la souffrance et que reste-t-il comme alternative alors? Le repos six pieds sous terre...

Je te conseillerais de consulter un psychiatre, concrètement je ne vois pas d'autres choses à faire.

Désolé pour le pessimisme flagrant.

PS: ce n'est pas un message pro-suicide.
The sun is still out of sight.

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Re: Guerir de la dysphorie sans transition ?

Message par Lero » 27 déc. 2021 08:12

Salut, comme il y a effectivement plusieurs formes de dysphorie il faudrait que tu arrives à déterminer, seul ou avec l’aide de ton psy si la tienne est une dysphorie de genre ou pas. J’ai l’impression qu’en cas de dysphorie de genre il n’y a pas beaucoup de solutions pour aller mieux que de faire une transition qu’elle soit social, médical, administrative etc. Plein de possibilités sont utilisables pour transitionner.
Attention, ce n’est que mon avis et je ne suis ni médecin ni psychiatre. D’un point de vue purement personnel, ayant une dysphorie de genre, je n’aurais pas pu vivre sans faire de transition. Par contre, je l’ai entamé plutôt tardivement par rapport à d’autres. J’ai commencé à 27 ans car je vivais dans le déni. Cela diminue effectivement la souffrance que je ressens mais elle est encore présente. C’est juste que les problèmes que je ressentez se sont déplacés : avant ma transition je n’acceptais pas mon corps et j’étais très replié sur moi-même. Depuis que j’ai commencé, je suis beaucoup mieux dans mon corps, je m’ouvre davantage aux autres mais je vis mal le fait qu’on utilise pas le bon pronom, les situations d’incompréhension avec ma famille Ou avec mes proches etc. Mais je sais qui je suis ! Et toujours d’un point de vue personnel c’est essentiel pour moi.

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Re: Guerir de la dysphorie sans transition ?

Message par couss » 27 déc. 2021 09:41

C'est très compliqué la dysphorie car ce mal être peut être liée à la transidentité aussi à plusieurs autres facteurs : fuir la grossophobie, psychose, mal être vis à vis des attentes societales, fuir un traumatisme (abus sexuel, harcèlement scolaire) ou un passé dont on ne veut inconsciemment pas se rappeler. La transition permet de faire peau neuve et de changer d'identité. Pour les personnes trans c'est très important mais il y a pleins d'autres personnes cis pour qui changer de corps ou de vie aurait un impact bénéfique. D'où le fait qu'il faut prendre son temps pour ne pas se tromper de route.
C'est plutôt très positif que tu doutes, ça veut dire que tu ne vois pas ça comme un jeu ni un miracle. Que tu as bien conscience des enjeux notamment en ce qui concerne une transition sociale.
Si ce n'est pas le moment pour toi, ne te lance pas. Parle avec ton psy pour travailler sur les causes de ta dysphorie. Renseigne toi également sur ce forum en lisant les différents parcours de vie pour te faire une idée concrète de ce qu'est une transition. En sachant que tout le monde n'a pas la même. Et tu peux te lancer dans une transition à 50 ans si tu veux. C'est pas grave si aujourd'hui tu renonce. Écoute tes doutes, travaille dessus, les décisions peut importent lesquelles viendront peu à peu.
Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque. À te regarder, ils s'habitueront.
René Char.

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Re: Guerir de la dysphorie sans transition ?

Message par BreizhTea » 27 déc. 2021 10:46

Comme dit précédemment, la dysphorie peut avoir plusieurs origines. Globalement c'est un décalage entre le corps tel que ressenti par le cerveau (carte mentale du corps) et le corps physique tel qu'il est.

Lorsque la carte mentale du corps est en décalage avec le corps physique à cause d'origines traumatiques et dissociatives, des thérapies du trauma, de l'intégration, des exercices d'ancrage... peuvent aider à soulager cela. C'est le cas par exemple des personnes avec TDI ou autres troubles dissociatifs moins intenses, comme les otherkin ou thérian, peuvent ressentir de la dysphorie parce que certaines parts de leur esprit ont une carte mentale qui ne correspond pas à leur corps physique (traille différente, genre différent, espèce différente...) et dans ce cas, l'ancrage et l'intégration du trauma peuvent apaiser les symptômes dysphoriques. (note : dans ce genre de situation, le "trauma" n'est pas nécessairement quelque chose de violent digne du journal de 20h ; être autiste ou prématuré par exemple, et hyper-sensible à son environnement, peut être suffisant pour causer un niveau de stress au cerveau assez élevé pour être qualifié de trauma ; pareil chez les enfants qui avaient besoin de beaucoup beaucoup de soin et d'attention, et n'ont pas pu recevoir la dose nécessaire pour eux et supérieure à la moyenne, parce que les parents n'étaient pas disponibles à cause du travail ou d'autres enfants à s'occuper ; etc.)

MAIS ! La dysphorie d'origine transidentitaire peut causer de la dissociation pour tenter de fuir le corps qui n'est pas "correct". Dans ce cas, l'ancrage peut augmenter la dysphorie car il fait ressentir encore plus fort le décalage entre le corps et l'esprit.

Bonus combo : on peut avoir les deux en même temps, la dissociation d'origine traumatique et d'origine transidentitaire. De plus, l'une peut causer l'autre (la dysphorie transidentitaire peut au long terme être tellement stressante pour le cerveau que ça donne le même effet qu'un trauma). Youpi tralala on est pas sorti's du sable.

Ca serait intéressant de voir pourquoi tu as à la fois envie d'un corps masculin et de ne pas transitionner. J'ai eu ça à un moment, avant de réaliser que je suis un mec trans femboy. Mais ça peut aussi être la honte de ne pas être "crédible en mec", la cisnormativité de se dire que l'anatomie d'un mec trans n'est pas celle d'un mec cis... (Spoiler : tous les corps trans sont beaux et légitimes, qu'ils "passent" ou pas) J'ai par exemple longtemps hésité à entamer une transition à cause de ça, puis j'ai balancé tous mes doutes à la poubelle en mode "de toute façon me rapprocher d'un corps de mec cis c'est toujours mieux que de m'en éloigner". Ben ça soulage. C'est pas l'idéal mais ça soulage déjà pas mal. Quand j'ai testé mon premier packer pisse-debout j'ai failli en mettre partout tellement j'avais envie de sautiller à cause de l'euphorie de genre. Et pourtant ça ne fait que "ressemble un peu" à une anatomie cismasc. Mais c'est déjà un sacré soulagement.

De plus, la transition médicale n'est pas une obligation. Si tu veux "juste" tester binder, prothèses... pour pouvoir mettre et enlever à l'envie, c'est totalement OK ! Ce n'est pas parce que tu testes un truc une fois que tu es obligée d'aller jusqu'au bout. Tu peux décider de garder ton binder dans le placard uniquement pour faire du cosplay par exemple si tu te rends compte que tu n'es pas à l'aise avec au quotidien.

Dans tous les cas vu que tu es très mal à cause de ça, je te conseille d'en parler à un médecin. Des médicaments (anxiolytiques, antidépresseurs, etc. à voir avec ton médecin ce qui te convient le mieux) ça ne guérit pas, mais ça permet de soulager assez pour libérer du "temps de cerveau" et mieux réfléchir à quoi faire de ta vie et de ton corps. Réfléchir à si et quand tu veux faire telle ou telle chose avec ton corps - ou pas, c'est OK aussi de réfléchir et de dire "non ça c'est pas pour moi" ! C'est aussi OK de changer d'avis, de dire "non" et après 10 ans "ah ben finalement oui". Ou inversement, il commence à y avoir de plus en plus de médecins trans-friendly qui comprennent qu'on peut vouloir prendre de la testo pendant quelques années seulement. (C'est le cas du mien par exemple)

C'est normal d'hésiter et de te poser des questions. Tu as le droit de prendre tout le temps dont tu as envie pour décider. Tu as le droit de tester des trucs et de revenir ensuite sur tes pas. Et tu as le droit d'avoir un corps visiblement trans et d'être respectée dans ton identité.
Allez viens faire des galettes bretonnes, allez allez allez !

Apeiron
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Re: Guerir de la dysphorie sans transition ?

Message par Apeiron » 02 janv. 2022 16:54

Comme dit précédemment, tu peux essayer d'apprendre à vivre avec ta dysphorie mais il faut être conscient(e) que tu seras identifié(e) comme fille dans tous les contextes sociaux surtout dans notre monde très binaire.

J'ai le même sentiment que toi sur le fait de ne jamais être vraiment un garçon (avec des chromosomes XY, toute ma vie j'envierai les garçons en comparaison) et l'imposture (ou peau de chagrin) qu'est la transition et une sorte de sentiment d'inéluctable : que la transition n'est qu'un "moins pire" comme je le dis souvent.
Ceci dit, il faut déterminer les avantages concrets que cela offre :
-pouvoir légitimement se présenter comme garçon (bon, ça dépend du potentiel de passing, personnellement je n'ai jamais été très crédible mais il arrive quand même qu'on me dise Monsieur sans hésiter et surtout j'ai un "M" sur un CNI et un 1 sur ma carte vitale depuis fort longtemps maintenant).
-Ne pas avoir ses règles.
-Ne pas avoir à porter de vêtements typiquement féminin dans un contexte comme la piscine par exemple.
-Limiter les formes féminines du corps et masculiniser un peu le visage (de manière très insuffisante à mon goût mais bon).

Au pire (si tu as un potentiel de passing assez bof comme c'est mon cas) ça t'offre au moins la possibilité d'une vie sous une forme androgyne (qui tire quand même plus vers le masculin que vers le féminin) et c'est pas si mal.

Il m'est arrivé de me dire qu'il aurait été plus simple de vivre sous une identité féminine en taisant la dysphorie car ce serait plus facile de faire des rencontres et séduire sous cette forme (même en étant assimilé à une fille masculine) mais ce n'était tout bonnement pas possible et je me sentais encore plus imposteur qu'en faisant d'une transition. Avec le recul, je pense que ça aurait pu donner lieu à des rencontres et relations potentiellement malsaines et je préfère encore la solitude inhérente à la transition.
Perso pour moi c'est une condition tragique : quoi que l'on fasse, on souffrira de la dysphorie, il faut beaucoup de discernement pour savoir ce qu'est pour soi-même le "moins pire" : car pour moi ce "moins pire" c'est la transition mais j'imagine que pour une autre personne souffrant de dysphorie, cela pourrait être justement de vivre sous son identité d'origine.

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