Vivre malgré sa dysphorie

Astuces, questionnements et conseils pour passer au masculin sans aide médicale
Jo44
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Re: Vivre malgré sa dysphorie

Message par Jo44 » 14 oct. 2020 01:11

Apeiron a écrit :
28 sept. 2020 22:52
Salut,

Je peux comprendre ce que tu ressens car je n'ai jamais été dans l'évidence de certains FtMs "Je suis un mec donc je fais tout pour en devenir un", j'ai au contraire eu des hésitations et des revirements, des doutes, des tentatives d'accepter mon sexe biologique (et l'identité sociale F qui s'y rattachait) comme toi...mais impossible.

Paradoxalement, le ressenti d'un moi profond comme étant garçon est aussi originel que l'évidence d'être de sexe biologique féminin donc j'ai fini par faire une transition complète.

En fait je me suis lancé dans une transition à 17 ans mais j'ai tout stoppé à 20 pour voir si je pouvais m'accepter dans une identité F mais sans chercher à correspondre aux codes féminins pour finalement tout reprendre à 22 et aller au bout d'une transition FtM en moins d'un an (rendre les choses biologiquement irréversible du point de vue génitale - hysté totale - et changer complètement d'état civil, j'avais déjà fait l'opé du torse à 18).

J'en ai 31 et je ne suis toujours pas apaisé malgré plus de dix ans de vie sous une identité masculine (j'ai des moments très réguliers de mal-être à cause du fait d'être trans, le sentiment de ne ressembler ni à un homme ni à une femme, de n'avoir de place nulle part voire d'être dérangeant pour les gens...) mais pour répondre au titre de ton topic, aller au bout d'une transition (dans la mesure où mon identité officielle est masculine) m'a permis de vivre un peu plus apaisé avec la dysphorie, enfin de vivre tout simplement mais assez torturé quand même.

Bref, il n'y a pas vraiment de solution miracle mais chez certains c'est quand même beaucoup plus apaisé que chez d'autre, chaque parcours de transition et de vie étant différent. Et puis, on ne va pas se mentir, il y a aussi la prédisposition biologique qui joue beaucoup : certains passent beaucoup plus facilement dans leur genre souhaité que d'autres pour qui le déterminisme biologique demeure même post-transition.
Mais ici nous avons pour point commun de ne pouvoir justement pas nous accepter avec notre identité féminine et d'avoir tranché pour une transition donc difficile de t'aider dans une voie nous paraissant impossible.
Tu me renvoie à certaines de mes craintes. Le fait de ne jamais pouvoir être un homme cis-genre. Bizarrement, j'ai énormément de jalousie envers eux, ils ont tout eu dès la naissance et tout est facile pour eux. Je ne serais jamais considéré comme un "vrai" homme, comme beaucoup aiment le dire. Et ça me saoule. Combien de personne parlent des trans comme de "femmes qui veulent devenir des hommes", il y a toujours cette notion du sexe d'origine et cette notion de volonté qui m'exaspère. Je pense avoir également un visage très féminin, j'aurais jamais un bon passing ...
L'hysté me fait peur aussi, le fait d'être stérile me fait flipper, j'aimerais avoir des enfants plus tard et j'ai pu comprendre que c'était obligatoire pour le changement d'Etat civile :/

En tout cas tu as toute mon admiration pour ton parcours!

Jo

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Re: Vivre malgré sa dysphorie

Message par Jo44 » 14 oct. 2020 01:23

MaxElie a écrit :
02 oct. 2020 13:03
Hello Jo,
je comprend ce que tu ressens.
Je ne sais pas si mon témoignage pourra t'aider mais je le fais quand même
J'ai 31 ans et j'ai vécu comme une femme cis durant de nombreuses années tout en sachant que je n'en étais pas une. J'ai fait de longues dépressions, enchaîné les comportements à risques, les situations toxiques. les addictions... Je savais que j'étais un mec mais pour même en étant un peu déconstruit.e je pensais qu'un mec c'était seulement et uniquement une personne affublé d'un pénis et un comportement problématiques (merci pas merci aux femmes cis et à la transmisandrie intériorisé). Au final c'était aussi difficile pour moi de comprendre qu' il y a autant de parcours trans que de personnes, et autant de moyens d'exprimer ton genre que de genres (pour moi un nombre INFINIS!) Je suis un mec trans bi et assez féminin, j'ai commencé la testo en micro dose et je n'ai jamais été aussi heureux que depuis que j'ai pu complètement m'outer ... mais je sais que c'est long et qu'on peut passer par beaucoup d'étapes difficiles et de retour en arrière. La dysphorie je pense qu'elle sera toujours présente tant que la société ne changera pas et continuera à nier nos existences. C'est pour cela que c'est important de se connaître entre trans, personnes non binaire ,et intersexes. Je te conseille de chercher à rencontrer des personnes trans*, perso ça m'a beaucoup aidé, c'est même vital. Même si tu te sens "en questionnement" ton ressenti est valide et important et tu as ta place dans les groupes de paroles trans, et dans les associations trans!
Enfait en te disant ça je ne te dis pas qu'il faut absolument s'outer et le faire ou transitionner...mais je pense que l'étape dites du "questionnement" est tout aussi valide et nécessite du support que celle de la transition même si au final on choisit de pas faire de transition sociale ou physique ...

Bon courage
Salut,

J'avoue que j'ai parfois moi aussi des comportement assez douteux, ça me provoque des troubles du comportement alimentaire. J'ai essayé à deux reprises d'aller dans des associations trans une fois il y a deux ans mais le site n'était pas à jour, il n'y avait pas de rencontre ce jour là alors je sus rentré avec l'idée d’arrêter mes conneries (oui je suis très négatif de ce côté là) et la semaine dernière, c'était annulé à cause du covid 19 et c'est une femme MTF qui m'a proposé un rendez vous téléphonique. ça ne m'a rien dit. Je n'aurais pas su quoi dire et j'aurais préféré rencontrer des hommes dans mon cas.
Bref la crise sanitaire ne permets pas trop les rencontres et les assos ne mettent jamais leur page web à jour.

Jordan

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Re: Vivre malgré sa dysphorie

Message par Jo44 » 14 oct. 2020 01:32

Killian5 a écrit :
29 sept. 2020 00:57
Salut, c'est pas parce que tu te out que tu vas finir seul et malheureux. Désolé pour toi que tu aies eu cette première mauvaise expérience. Pour ma part ma transition renforce mon couple. Et si la transphobie te gâche la vie c'est pour ça que les gens se regroupent en communautés. Actuellement elle te gâche déjà la vie puisque que tu expérimentes déjà une solitude, celle d'être seul face à toi-même. Est-ce que tu préfères cette solitude là au risque de reperdre des gens, à toi de voir. Une fois la transition terminée il n'y aurait pas de raisons que tu sois marginalisé car personne n'est obligé d'être au courant.
Tu parles d'humiliation, de honte, je sais ce que c'est. A un moment donné, si t'es un mec, t'es juste un mec, point. Ya rien de ridicule à être soi-même. Les mecs cis ont rien fait de spécial pour se considérer comme étant des mecs (enfin si, question complexe, mais je parle vraiment d'un ressenti intime et individuel), ils savent qu'ils le sont et puis voilà, c'est pareil avec nous. Du coup comme disent les autres ça parait compliqué de donner des conseils à un mec pour s'accepter en tant que femme.
Je suis content pour toi que ça n'ait pas dégradé ton couple ! C'est une super nouvel!
Après il y a les belles paroles et la réalité de la vie. Je travaille dans l'administration et beaucoup ont une vision assez archaïque, j'ai déjà été témoin d'homophobie et de racisme durant ma carrière, je deviendrais le phénomène de foire. OO Rejoindre une communauté je n'ai rien contre mais si je ne côtoie qu'une communauté ça revient justement à me marginaliser du reste du monde. Je suis assez défaitiste de ce côté là. Je ne connais que très peu de personne qui s’instruise et ne gardent pas leur préjugés. Je ne crois pas trop en la bonté humaine ... Des qu'on est différent on est rejeté.

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Re: Vivre malgré sa dysphorie

Message par Jo44 » 14 oct. 2020 01:37

PauSG a écrit :
29 sept. 2020 09:30
Salut Jo,

Déjà tu es tout à fait le bienvenu ici. Je ne sais pas si on pourra t'aider, mais on pourra évidemment t'écouter et te soutenir. Ce n'est pas à nous de te dire ce qui est bon pour toi ou non, ni de juger tes choix. Si tu estimes que ce n'est pas le moment pour toi de transitionner, ou qu'une transition n'est pas la bonne solution pour toi, tu es le seul à pouvoir faire ce choix.
J'espère que tu pourras quand même trouver sur le forum du soutien, des pistes pour te sentir mieux et trouver ton point d'équilibre.
Salut,

Merci pour ton message de bienvenu ! J'avoue que j'ai été touché par toutes ces réponses. Je croise les doigt pour trouver ce fameux point d'équilibre en espérant qu'en attendant, je vais pas trop vous saouler avec toute ma négativité. J'avoue que je voie tout en noir en ce moment.

Jordan

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Re: Vivre malgré sa dysphorie

Message par Jo44 » 14 oct. 2020 01:57

couss a écrit :
01 oct. 2020 07:20
Bienvenue à toi. Tu es sur un forum dédié aux hommes trans mais aussi aux personnes en questionnement, il n'y aura pas de jugement et si tu as besoin de parler de ta honte, alors parle.

Personne ne peut prendre la décision à ta place, ce qu'il te faut c'est trouver ton point d'équilibre et il est propre à chacun. Vivre en femme masculine c'est possible, je l'ai longtemps fait et j'aurais pu continuer, mais j'avais ce sentiment très fort de passer à côté de ma vie. J'avais un équilibre trouve au niveau social : un appart, un job qui me plaisait, des ami.e.s. Mais plus j'avançais dans les années, plus la perspective d'un avenir de femme m'angoissait. Je ne voulais pas être trans parce que je ne voulais pas que ça se voit, je ne voulais pas faire 2 ans de psychiatrie, perdre tout mon entourage, et mon travail. De plus, je n'avais pas confiance dans les chirurgies génitales qui existaient à ce moment là. Un jour, au hasard d'une série, je tombe sur un personnage joué par l'acteur trans Eliott Fletcher, je vois enfin ce qu'est un mec trans sous testo (et non pas une actrice déguisée). Je me suis intéressé à son parcours que j'ai retrouvé sur youtube, puis je suis tombé sur des youtubeur trans et enfin sur ce forum. Ce fut la révélation. J'ai pu en parler à mes sœurs, qui le savaient déjà et qui m'ont dit de le faire. Fort de cet appui je me suis lancé. J'ai trouvé depuis de supers ami.e.s qui m'ont toujours soutenu, j'ai gardé tous les anciens, j'ai gardé ma famille, mon job et j'ai trouvé une chérie qui n'est pas trans (car je pensais que le seul moyen de trouver quelqu'un c'était entre personne trans). Ma transition s'est passée sans encombres et je suis très heureux aujourd'hui. Rien à voir avec l'image que j'avais de la personne trans au physique trans, travailleuse du sexe, agonisant sur un lit d'hôpital ou allant mourir d'overdose dans un caniveau.
Mais il faut aller à ton rythme. Si tu as peur, ce n'est peut être pas le moment. J'avais fait en sorte de planifier ma transition, calculer le coût, les étapes. J'avais d'abord commencé par tout ce qui était réversible comme aller chercher une ordonnance. Planifier m'a permis de me projeter et de me dire que ok j'en étais capable.
J'avoue que je me reconnais beaucoup dans ce que tu décris, l’équilibre social, un youtubeur américain FTM qui a mis un mot sur ce que je ressentais depuis si longtemps bien que comme toi aller voir un psychiatre me rebute et la chirurgie génital ne m'a pas l'air au point. Lorsque j'avais 19 ans, j'avais aussi tous recherché et j'ai même trouvé les chirurgiens que je voulais (aux USA par contre) tout était calé dans ma tête, mais quand j'ai fait mon coming out à une amie, on s'était pris la tête pour une broutille et elle avait refusé de me genrer au masculin avant la transition car je n'était pas encore un garçon pour elle et avait crié devant tout mes amis " toi la nana qui se travestie en mec et qui rêve d'avoir une bite tu te la ferme" à ce moment là, j'ai compris aussi aux regards de tous mes amis ce que je serais pour eux si je leur avouais. J'ai alors fait des blagues transphobes pour qu'on ne la prenne pas au sérieux et je n'en ai plus jamais parlé à personne.
Quand je lis ton parcours tout à l'air d'être idéal, mais ça me terrorise .

Jo

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Re: Vivre malgré sa dysphorie

Message par Max804 » 14 oct. 2020 07:16

Transition ou pas, dysphorie ou pas, il y a quelque chose qui me semble essentiel: les choix que tu fais, tu les fais pour toi, pas pour quelqu'un d'autre. Je vais être direct mais si ta coupe de cheveux ne plaît pas à ton mec, le problème ce n'est pas ta coupe de cheveux, c'est lui. Vraiment. Tu ne peux pas te rendre malheureux à adopter un style féminin pour lui. En dehors même de toute considération de transition. Les femmes cis hétéro peuvent ausi aimer les cheveux courts et les style androgyne et leur mec les aimer comme cela.
J'espère que tu trouveras un équilibre qui te convienne mieux même si cela doit te coûter des disputes avec ton mec.
Aussi:l'hysterectomie n'est plus obligatoire pour le CEC. Et puis essaie de ne pas garder cette vision tres négative des hommes cis gay qui n'apprécient pas les hommes FTM qui ne seraient pas des vrais hommes. Ce type de vision des choses ne t'est pas benefique et ne reflète pas LA réalité. Uniquement une généralité. Je ne veux pas dire par là que c'est indifférent mais y'a toutes sortes de gens et toutes sortes de goûts et y'a des gens en couple sur ce forum aussi.
Pour les asso dans ta ville, as tu regardé la partie asso du forum, je crois que tu peux trouver des infos qui peuvent t'intéresser.

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Re: Vivre malgré sa dysphorie

Message par Killian5 » 14 oct. 2020 13:23

Oui, il y a la réalité. Je ne vais pas te dire que tu n'as "pas eu de chance" d'être confronté à la transphobie lors de ton coming out. Je pense qu'en transitionnant (ce qui n'est pas une obligation) il faut se préparer mentalement aux réactions. Mais la réalité c'est aussi qu'on peut tomber sur des bonnes personnes, et surtout que les gens peuvent évoluer. Et quand bien même ce ne serait pas le cas, comme le dis Max tu le fais pour toi, pas pour eux. Tous les choix sont respectables. Simplement c'est pas tes collègues de bureau qui vivent dans ton corps. Il y a aussi des milieux plus ouverts que d'autres. Apeiron me répondait l'autre jour que fréquenter des milieux un peu underground le guérissait de sa dysphorie. Je ressens un peu la même chose, depuis qu'on me reconnait socialement un peu plus comme étant un homme, j'éprouve un peu moins de dysphorie. Si tu as l'occasion de fréquenter une asso, ça peut être un espace où on te genrera correctement et te reconnaitra pour ce que tu es.

Par rapport au couple, je ne suis pas dans ta situation, mon compagnon était au courant dès le début, il me soutient à fond. Il n'y a pas que les hétéros et les gays il y a aussi les bis. Max a dit l'essentiel, trans ou pas c'est la question de pouvoir être soi-même dans une relation à deux. En tant qu'être humain t'as le droit d'adopter le style qui te plait, si ça ne plait pas à ton homme, ça le regarde.
Quoiqu'il en soit je te souhaite de quitter la peur et trouver ton chemin propre pour t'épanouir.
Moi aussi j'avais peur et parfois c'est encore un peu le cas. Ca ne se fait pas du jour au lendemain. Le point de bascule c'est quand l'inconfort dépasse la peur.

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Re: Vivre malgré sa dysphorie

Message par Jo44 » 14 oct. 2020 17:18

couss a écrit :
01 oct. 2020 07:20
Un jour, au hasard d'une série, je tombe sur un personnage joué par l'acteur trans Eliott Fletcher, je vois enfin ce qu'est un mec trans sous testo (et non pas une actrice déguisée.
Je suis allé voir un peu ce que faisait Elliot Fletcher, des extraits de Shameless nottament. C'est dingue comme des petites extraits l'espace de quelques minutes ont dédramatiser les choses. J'adore! Et surtout le fait qu'il soit vraiment trans . Merci pour la découverte. J'etais justement en recherche d'une nouvelle série à mater ^^

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Re: Vivre malgré sa dysphorie

Message par Dag » 16 oct. 2020 20:23

Jo44 a écrit :
14 oct. 2020 00:59
Je me demande d'où ça vient cette dysphorie. à vrai dire, se dire qu'on est un homme dans un corps de femme, j'ai l'impression que c'est réalité qui dépasse la fiction. Je le vie mal et j'avoue que si je pouvais au moins comprendre d'où ça vient ça pourrait m'aider.
Je comprends que ça peut être difficile à conceptualiser. Il n'y a pas d'explication claire qui établisse d'où vient la transidentité et ce qui la cause aujourd'hui. Il y a bien sûr des pistes scientifiques, comme la génétique, la sensibilité ou l'exposition à certaines hormones avant la naissance, ce genre de choses. Mais rien de déterministe ni de définitif, on comprend encore assez mal comment fonctionne le cerveau. On ne sait pas vraiment identifier un "cerveau d'homme" ou un "cerveau de femme" par exemple, même si quelques différences ont pu être observées sur la structure de certains morceaux. D'ailleurs, il a pu être constaté que sur ces fameux morceaux, le cerveau de personnes trans ressemblent davantage à celui de personnes dont le genre leur correspond que celui de personnes de leur genre d'assignation. Mais les études ont de tous petits échantillons, ça donne des constats mais pas des explications ou des causes.

Ce qui m'a aidé moi, c'est de réaliser que personne n'est responsable du fait que je suis une personne trans. Ce n'est pas de ma "faute", ni celle de mes proches et de mes parents. Personne n'a de prise là-dessus, c'est juste un élément constitutif de mon identité, les causes m'échapperont toujours et je ne pourrai rien y changer. Le sentiment de ne pas appartenir à son genre d'assignation est un phénomène présent dans toutes les sociétés à travers les âges dès que l'on creuse, je ne suis pas un cas isolé. Et du coup, le point important pour moi n'est plus la compréhension du pourquoi ou du comment mais la recherche de ce qui me permet de bien vivre avec moi-même et dans la société, le fameux point d'équilibre ou la zone de confort mentionnée dans d'autres messages.

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