Une médecin se fait attaquer en justice pour une prescription d'hormones sans suivi psy

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L'OursonQueer
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Une médecin se fait attaquer en justice pour une prescription d'hormones sans suivi psy

Message par L'OursonQueer » 20 juin 2019 14:20

Yo ! Je sais pas si je poste au bon endroit (si ce n'est pas le cas, je m'excuse auprès des modos).

Je partage un communiqué de presse de l'assoc' ReST. Pour la faire très courte, une gynéco se fait attaquée en justice par le Conseil National de l’Ordre des Médecins suite à une plainte des parents d'une personne trans (majeure) car elle lui a prescrit des hormones sans suivi psy.
En gros on encourt le risque de ne plus pouvoir se faire prescrire nos hormones par un·e professionnel·le de santé qui se trouve en dehors des équipes auto-proclamées officielles.... Autant dire que c'est la mouise (pour resté très poli).

https://reseausantetrans.wixsite.com/rest/actualites
Communiqué de presse :
L’Ordre des médecins lance une offensive juridique contre les droits humains !
Le communiqué est téléchargeable ici en format PDF

En complément de ce communiqué, vous pouvez aider la gynécologue concernée en participant à une cagnotte couvrant ses frais d’avocat :

https://www.helloasso.com/associations/ ... un-medecin -du-rest-contre-le-conseil-national-de-l-ordre-des-medecins

Début 2019, une professionnelle de santé pratiquant auprès de personnes transgenres a reçu une plainte de la part du Conseil National de l’Ordre des Médecins (CNOM) suite au signalement de proches d’une patiente majeure. Leur grief ? Que la patiente fasse l’objet d’une prise en charge hormonale. La gynécologue attaquée travaille en lien avec notre association, le Réseau de Santé Trans (ReST), qui allie personnes trans et professionnel·le·s de santé dans le but d’améliorer la prise en charge médicale de cette population.

La plainte a dans un premier temps été renvoyée auprès du Conseil Départemental de l’Ordre des Médecins, où la soignante a été convoquée pour justifier de sa pratique. Elle a reçu un rapport confirmant que la plainte n’avait pas de fondement légal. Cependant, le CNOM a choisi de ne pas en tenir compte et a maintenu sa plainte.

Il est reproché à la gynécologue trois choses :

-elle ne respecterait pas son "serment de gynécologue" qui l’obligerait à ne recevoir que des femmes ;

-les traitements hormonaux devraient être prescrits par des endocrinologues ;

-elle ne respecterait pas les recommandations de la Haute Autorité de Santé (HAS) de 2009, et les recommandations de 2015 concernant les équipes et praticiens affiliées à la Société Française d’Études et de prise en Charge de la Transidentité (SOFECT).

Or, l’ensemble de ces accusations sont infondées.

Premièrement, il lui est reproché de «renier son serment» en prenant en consultation des hommes. Hors, c'est de femmes trans dont il est question ici. En niant l'identité de genre vécue par les patientes, la plainte se construit autour d'un propos transphobe et a clairement une fonction discriminatoire. Par ailleurs, les gynécologues reçoivent en consultation des hommes cisgenres, et cela n’a jamais mené à des plaintes.

Deuxièmement, la prescription d’hormonothérapie n’est pas réservée d'un point de vue médico-légal aux endocrinologues (selon les informations disponibles sur le dictionnaire médical de référence, le Vidal).

Troisièmement, l'absence de suivi pluridisciplinaire ne peut pas être imputée. Cela va à l’encontre du droit pour chaque usager d’avoir le libre choix de ses praticien·ne·s de santé, ce qui est garanti par le Code de Santé Publique.

La patiente n’est pas à l’origine de la plainte, et il est indéniable que la procédure va à l’encontre de ses intérêts. Cette dernière ne concerne finalement plus tant la professionnelle de santé ou la patiente, mais bien la pratique d'initiation de traitements hormonaux en général.

L’attaque d’une gynécologue à l’écoute de ses patient·e·s, et mobilisée pour l’application dans les faits de leurs droits humains démontre une volonté des hautes instances de santé de compliquer et psychiatriser les parcours des personnes transgenres.

Vers une prise en charge respectueuse garantie

Les recommandations sur lesquelles se développent les accusations précédentes sont celles de la SOFECT, association médicale autodéclarée experte de la prise en charge des personnes trans. Leurs pratiques dangereuses sont dénoncées depuis des années par les associations. Pourquoi les personnes transgenres devraient-elles obligatoirement consulter des équipes médicales maltraitantes ? En tant qu’usager·e·s du système de santé français, nous devrions pouvoir choisir nos médecins comme le Code de Santé Publique nous le garantit.

Nous revendiquons un libre choix de nos parcours de soin.

Après la sortie de la transidentité du DSM-V en 2010 (ouvrage de référence en psychiatrie), un suivi pluridisciplinaire impliquant une psychiatrisation forcée des personnes transgenres ne peut plus être exigé. Ce type de suivi engendre des délais de prise en charge très longs. Les patient·e·s sont alors exposé·e·s à une grave détérioration de leur santé mentale, à des coming out imposés par les soignant·e·s, et souvent à des psychiatres maltraitant·e·s.

Nous revendiquons une dépathologisation de la transidentité dans les faits.

Il ne peut y avoir d'instance évaluant la “crédibilité” masculine ou féminine d'une personne. Les critères de jugements sont forcément basés sur des valeurs morales ou des stéréotypes de genre. Seules les personnes elles-même sont en mesure de définir leur identité de genre.

Nous revendiquons le respect de l’autodétermination des individus.

En somme, l'accès aux soins des personnes transgenres reste un enjeu majeur : délais long, pathologisatisation de la transidentité, déni du libre choix de ses praticien·ne·s de santé, difficultés d’accès aux traitements hormonaux… Tout ça reste malheureusement une réalité.

Nous revendiquons un accès aux soins respectueux garanti, pour les personnes souhaitant effectuer une transition de genre sur le plan médical comme pour les consultations non liées à la transidentité.

Au-delà de contrevenir aux droits des personnes trans, le CNOM adresse via cette plainte un message de menace à l’ensemble des médecins prescripteurs. Il souhaite que chaque médecin qui accueille et accompagne respectueusement des personnes transgenres sache qu’il encourt une interdiction d'exercer.


Nous ne pouvons que déplorer la discréditation des professionnel·le·s de santé engagé·e·s auprès des personnes transgenres. Elle entraîne dans son sillage une méconnaissance des réalités sociales, nuisant ainsi gravement à l'accès aux soins de tous et toutes.

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Re: Une médecin se fait attaquée en justice pour une prescription d'hormones sans suivi psy

Message par Ange1818 » 20 juin 2019 17:04

C'est vraiment effrayant, au moins autant qu'effarant.
"Renier son serment en prenant en consultation des hommes" ?! Je plains sincèrement la femme hormonée dont il est question rien que pour cette phrase qui est une véritable insulte. De quoi se mêle l'Ordre des Médecins, au juste ? Les médecins sont là pour aider les personnes ayant un mal-être, c'est pour ça qu'ils font ce métier, pas pour les traiter de cette façon et créer des problèmes là où il n'y en a pas. Comme si le parcours trans n'était pas assez compliqué à la base...
Soutien à cette gynécologue, vraiment. Cette situation est déplorable.

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Re: Une médecin se fait attaquée en justice pour une prescription d'hormones sans suivi psy

Message par Max804 » 20 juin 2019 23:55

Pffff c'est n'imp !

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